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Tests réalisés au labo de l’ENSA LE 2 MARS 2001

Compte rendu des tests et conclusions

Tests de coefficient de freinage des descendeurs :

La pratique sûre du canyonisme en conditions verticales et aquatiques est soumise à deux contraintes :

· Régler le bout de la corde au ras de l’eau au pied de la cascade pour s’échapper rapidement des remous pouvant être dangereux.

· Attacher la corde en haut en utilisant un système débrayable permettant de pouvoir évacuer rapidement vers le bas un équipier qui resterait bloqué sur la corde.

A moins de recourir à des dispositifs complexes et longs à mettre en place, ces 2 contraintes nous interdisent la descente classique sur 2 brins comme la pratique la majorité des grimpeurs et des montagnards.

Sachant que le descendeur restant classiquement utilisé est le descendeur huit conçu pour obtenir un freinage normal avec 2 brins la pratique du terrain nous fait utiliser ce descendeur différemment pour une utilisation sûre et efficace en n’utilisant qu’un seul brin comme en spéléologie.

Dans le manuel Technique, nous proposons donc différents montages que nous avons pu, à l’expérience comparer et valider, uniquement sur la base de nos sensations. Nous n’avions jusque là, jamais procédé à une évaluation chiffrée permettant de comparer entre elles ces solutions.

Pour cela, nous avons souhaité utiliser le protocole de tests de l’ENSA en cours de validation pour une nouvelle norme CE servant à qualifier le freinage des descendeurs.

Ce test établi comme hypothèse que la force maximum que peut exercer un pratiquant sans aboutir à une fatigue excessive risquant de le faire lâcher pendant un rappel long (50 à 60 m) est de 10 kg

Remarque : Nous pensons que la force proposée : 10kg, (certainement gérable par un pratiquant confirmé) est un peu élevée et ne garantit pas toute l’aisance et la sécurité nécessaire à un pratiquant, pour s’arrêter, faire une clé, défaire une clé et repartir. Nous proposerons plutôt une force maxi de 8 kg

Compte tenu du mode de calcul proposé pour déterminer ce coefficient de freinage :

Force nécessaire pour faire glisser la corde dans le descendeur /divisée/ par la force maximum exercée par la main pour retenir la corde (représentée par la masse de 10kg).

Le coefficient de freinage le plus faible que l’on puisse admettre comme étant sûr pour un pratiquant de 80kg est de 10. (en tenant compte bien sûr de la remarque ci dessus).

C’est la raison pour laquelle sur le tableau tous les chiffres soulignés et en rouge sont inférieurs à 10. Ceux ci sont considérés comme des coefficients trop faibles, représentant des montages qui ne garantissent pas toute la sécurité d’un pratiquant de 80 kg et plus.

Par contre un pratiquant de 60kg ou moins, pourra, lui ponctuellement utiliser des montages représentés par un coefficient égal ou supérieur à 8.

Remarques :

· Une corde mouillée implique une augmentation du freinage de 30 à 100 %.

· Une corde neuve non trempée et non rincée, même avec un montage vertaco reste trop glissante et dangereuse. Sauf si l’on fait un renvoi vers le haut, (voir cas n°2).

 

· Le montage avec mousqueton de renvoi est efficace mais n’offre aucune garantie en cas de lâcher momentané de la corde. Il faut continuer à préférer le montage vertaco qui n’a pas cet inconvénient.

· Le test sur ½ cabestan à été fait en respectant la méthode indiquée sur le manuel technique, c’est à dire avec la man haute à la sortie du 1 /2 cab.

 

Tests de chutes en facteur 2 sur corde statique:

Suite à la remarque que nous avait fait nos collègues de la FFME à l’occasion de la publication du manuel technique: « Il est irresponsable de ne pas indiquer que la corde de secours doit être une corde dynamique ! », nous avions répondu qu’il existait des méthodes pour rendre dynamique ponctuellement une corde statique. Nous pensons en effet qu’il est inutile de se charger en permanence d’une corde dynamique qui est beaucoup trop lourde et inutilisable en canyon, a part nécessité rarissime de faire une escalade à l’occasion d’une sortie en urgence ! Pour cela nous avons souhaité valider le fait qu’une corde statique puisse être « dynamisée » à l’aide de nœuds amortisseurs à proximité du nœud d’encordement.

A l’occasion d’une série de test réalisés il y a 2 ans à l’ENSA nous avions établi en comparant les nœuds de papillon, de huit, et de vache que c’est ce dernier qui avait les meilleures qualités d’amortissement.

Protocole de mesure : mesurer la FMI (force maximale d’interception) à l’issue d’une chute en facteur 2 d’une masse de 80kg sur un échantillon de corde de 2m. ce dernier est attaché aux 2 extrémités par un nœud de huit pré serré à 80kg pour éviter que ces nœuds interviennent trop dans les capacités d’amortissement de l’échantillon.

Nous avons souhaité au départ avoir une valeur de référence qui a été déterminée par une chute sur une bonne corde dynamique neuve de diamètre 10mm : résultat - 717 daN.

Conclusion :

· Les cordes statiques « explosent » sur une chute en facteur 2.

· On obtient le meilleur résultat avec 2 nœuds de vache à peine serrés.

· La corde est inutilisable mais la FMI reste faible.

· Une plaquette amortisseur est peut être la bonne solution sachant que la corde conserve son intégrité.

· Une corde de 8mm neuve est plus solide qu’une corde de 10,4 d’un an.

Tests de résistance en traction lente sur nœud de jonction servant de nœud de butée:

Au cours de l’installation d’un rappel guidé d’une portée assez longue on peut avoir un certain nombre de contraintes qui s’additionnent :

· rabouter 2 cordes (faire un nœud de jonction qui serve aussi de nœud de butée)

· utiliser 2 cordes de diamètres différents (corde normale en diamètre 10,5 et corde de secours en 8mm)

· avoir un anneau à l’amarrage qui soit de grosse dimension par exemple un maillon « delta ».

Nous avions souvent été tenté dans cette situation de réaliser un nœud de huit de jonction classique appelé aussi : nœud de huit plein poing, nœud de rappel ou nœud de guide (en raison de son aptitude à basculer facilement pour franchir les arrêtes rocheuses lors du rappel de la corde).

C’est un nœud intéressant car très rapide à faire et à défaire.

Mais l’idée d’ introduire un mousqueton à vis de grosse dimension dans le corps du nœud , (pour éviter qu’il ne passe au travers du « delta ») nous déplaisait du fait que nous pensions ainsi fragiliser le nœud.

Résultat : c’est la corde la plus faible (corde canyon usée) qui casse à 780 daN à la sortie du nœud sans que celui ci ait montré le moindre signe de faiblesse.

Donc ce nœud est parfaitement fiable. A utiliser sans modération !

Dans la même situation, sans mousqueton dans le corps du nœud on sait qu’il se retourne à 400dan environ, mais sans glissement et sans conséquence sur la résistance finale (rupture à 1 200daN avec de la corde neuve) test réalisé en 1998.

Cliquez sur les vignettes pour agrandir.

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