RECIT D'UNE CRUE

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TEMOIGNAGES

Récit d'une crue : attention aux orages !
15 août 2003
source : Descente-Canyon.com

 

Pour ne pas vivre le calvaire de Mathilde et de son compagnon d'infortune.
Alors que les chaleurs estivales nous invitent à nous réfugier au frais dans les gorges et les canyons de nos montagnes, outre les compétences techniques que nécessite la pratique du canyoning, il est bon de rappeler quelques évidences afin d'éviter le pire...
- Prenez la météo, mais regardez aussi le ciel !
- Ne vous engager pas trop tard en ces périodes orageuses,
- Prévenez un tiers de vos projets,
- Engager vous dans une course que si vous êtes certain que tout ne peut que bien se passer,
- N'hésitez pas à faire demi-tour !

Mathilde, 19 ans, 8 heures d'intervention au service des urgences du CHU de Grenoble Nord, des plaies sur tout le corps, près d'une centaine de points de suture, un tendon sectionné, et quelques entorses : le bilan d'une miraculée d'une crue. Mathilde doit la vie à son casque, à sa clairvoyance au milieu de l'enfer, et à sa rage de vivre, et à la chance, si l'on peut dire...

Récit...

Alors que les deux équipiers sont en train de s'échapper d'un verticale quasi sèche, suite à l'orage qui commence à gronder, ils sont surpris au dernier relais par la vague de crue, chargée autant de cailloux que d'eau... Mathilde n'a que le temps d'apercevoir son compagnon au relai du dessus, de se délonger et de se coincer dans une sorte de faille, tentant de se mettre à l'abri. Croyant son collègue mort sous la casque, n'apercevant qu'un bout de la corde hachée à l'amarrage, elle attend près d'une heure, alors que le flot ne faiblit pas ! Mal protégée, elle reçoit continuellement des pierres qui viennent meurtrir son corps. L'une d'elle, plus grosse, vient s'écraser sur son casque qui se retrouve alors percé. Elle manque de perdre connaissance. Voyant que le flot ne faiblit pas, pensant être la seule survivante, elle ne peut plus compter que sur elle-même pour sortir de l'enfer.


 

Elle tente alors une désescalade en bordure de cascade, mais glisse et chute sur une quinzaine de mètres. A priori indemne, elle cherche un endroit pour traverser le flot boueux. Ayant de bonnes connaissances techniques, elle choisi un endroit où la veine d'eau est resserrée pour changer de rive. Elle tente alors la remontée d'un pierrier, le sac contenant une gourde, un peu à manger, une frontale, un portable... ayant été perdu dans l'action. Près de 150m de dénivelée plus haut, elle bute sur des barres rocheuses. S'échapper par là lui semble impossible et elle décide de redescendre.


C'est alors qu'elle retrouve son compagnon d'infortune qui avait réussi à trouver un abri, puis après 2h d'attente dans la cascade, à réussi une désescalade. Il n'est que légèrement blessé. Mathilde, sous le coup de l'émotion, perd alors son énergie, et de trouve dans l'impossibilité physique de marcher. Son compagnon réalise un cacolet pour la porter et tente une échappatoire sans succès. La nuit tombe. Ne désirant pas la laisser seule pour la nuit, il décide de la passer auprès d'elle, en veillant à ce qu'elle ne tombe pas en hypothermie, ne pouvant réaliser de feu, durant cette longue nuit d'attente. Au matin, une fois que le soleil les réchauffe, son compagnon escalade quelques barres rocheuses, veillant à éviter le sur-accident. Mathilde, à la lumière du soleil, commence à voir les plaies profondes qui entaillent son corps, alors que les mouches attaquent... Réussisant à rejoindre un sentier puis un groupe de randonneurs, son compagnon passe une alerte précise aux services de secours. Mathilde, rapidement localisée par le secours en montagne, est hélitreuillée peu après.
Commence alors le long calvaire des soins.

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