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Le secours en Canyon l'alerte, la stratégie, les moyens existants, l'accidentologie

Sportnature.net - 5 mars 2002

Causes
Conséquences
Comment l'éviter ?

La Cause N°1 de loin devant les autres : le saut
Grande majorité de fractures (chevilles et jambes) puis dans une moindre mesure traumatisme du rachis ou crânien, des plaies, luxations de l'épaule et entorse.
Descendre en rappel, en désescalade, ... et sonder (systématiquement) la profondeur de la vasque ainsi que le fond pour repérer des blocs dangereux, branches ou autres .

L'appel du saut doit être dynamique et volontaire, l'impulsion décide de la qualité du saut (attention aux glissades à l'approche du saut).

Une personne est prête à intervenir aux alentours de la vasque en cas de problème pour sortir son camarade de l'eau.

Un saut n'est jamais obligatoire : laisser une corde jusqu'au dernier ou repérer le détour pour éviter le saut. Celui-ci doit rester un plaisir pas une contrainte.

Enfin, le casque est indispensable pour éviter les chocs sur la tête.


Les sauts doivent être impérativement fait sans la cagoule de la combinaison afin d’éviter de grave problèmes ORL


Ces recommandations sont aussi valables pour les glissades dans les toboggans.

Les glissades et chutes
Mêmes conséquences pathologiques que pour le saut avec toujours un pic pour les fractures
Le contexte humide rend les glissades plus fréquentes, il faut donc rester concentré tout le long de la descente en particuliers pour les passages aériens. L'usage de cordes pour les passages délicats est particulièrement recommandé.

Les descentes en rappel
En plus des pathologies vues plus haut (sauf les trauma et luxations), on constate des hypothermies et épuisements
On doit maîtriser les techniques de corde spécifiques à l'activité ou être accompagné de quelqu'un qui les maîtrise.

On évite de descendre dans les cascades à très fort débit.

On vérifie avant l'entrée dans le canyon qu'on a des cordes suffisamment longues et d'une manière générale, le matériel nécessaire pour éviter d'être bloqué dans le canyon ou au pire en pleine descente en rappel sous l'eau.

La fatigue, le retard et la mauvaise connaissance du milieu
Hypothermie et épuisements
Il ne faut pas surestimer ses forces, la descente de canyon nécessite un minimum d'entraînement physique (et technique) et le choix de votre canyon devra se faire aussi en fonction de vos capacités physiques

Le départ dans un canyon doit se faire suffisamment tôt pour éviter la nuit (les recherches deviennent alors assez compromises). Il est intéressant de ne pas trop traîner pour conserver une marge de manœuvre en cas de problème.

Le froid augmente considérablement la fatigue, la combinaison isotherme est indispensable.

De la nourriture et de l'eau dans un bidon étanche sont des éléments incontournables, comme en randonnée ou en course de montagne.

La lecture d'un canyon (déceler les meilleurs passages et les dangers éventuels) ne s'apprend pas du jour au lendemain, cela nécessite de l'expérience, si vous ne l'avez pas, formez vous (la FFME propose des stages) ou recherchez les services d'un moniteur diplômé (bénévole ou professionnel).

Les crues
Hypothermies et états de choc
Il est évident qu'il faut absolument se renseigner sur la météo avant de partir : les canyons comportent souvent des passages étroits où la montée des eaux liées à des pluies en amont devient impressionnante et on ne contrôle plus rien

La présence en amont, d'un barrage hydroélectrique susceptible d'effectuer des lâchés d'eau automatique doit faire l'objet d'une recherche d'informations.

Le risque majeur après tout incident ou accident en canyon est l’hypothermie . Les secours ont du matériel spécifique comme le dragon( inhalation d’air réchauffé) ,ou la pieuvre (combustion de charbon soufflé par un ventilateur dans des durites placées à différents endroits du corps) pour réchauffer les victimes. En les attendant nous pouvons protéger les victimes du froid en les éloignant le plus de l’eau et en les mettant sous une couverture de survie avec une bougie pour les réchauffer( la tortue).

7. Conclusion

Activité d’été, les accidents en canyon sont à 90% des opérations rapides qui ont permis d’évacuer les blessés moins de2 heures après le déclenchement de l’alerte. Les ¾ des blessés pratiquaient en individuels. Les lésions les plus souvent rencontrées sont post traumatiques : fractures surtout des membres inférieurs, plaies, entorses, luxations. Elles résultent d’abord des sauts, soit par mauvaise technique du geste, soit par un choc à la réception dans une vasque, mais aussi de glissades et chutes le plus souvent secondaires à l’approche du haut d’une cascade, dans un milieu très glissant :nécessité donc de se longer immédiatement en arrivant au-dessus d’une difficulté (toboggan, saut ou rappel).

Cette pathologie ne change pas au fil des ans, et pourtant elle n’est pas inéluctable. Il est impératif d’apprendre à lire le milieu, et la règle demeure : " toute vasque inconnue doit être sondée par le premier qui descend en rappel "

La canyon donne souvent l’impression d’un Aqualand naturel. Des canyons ont connu de nombreux accidents, parfois mortels, dans le passé, puis ont vu leurs nombres diminuer. Une bonne information adaptée sur un panneau au départ de la descente, rappelant les risques de cette activité et en particuliers du canyon concerné, pourrait peut-être tempérer des ardeurs excessives, et ramener les pratiquants à la prudence. Le recours à des professionnels permet de pratiquer l’activité dans de bonnes condition diminuant ainsi de façon significative le nombre d’accidents .

Ces solutions semblent plus intéressant que d’interdire complètement l’activité, car la commune qui le fait se prive d’un bon atout touristique.


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